Le versement par l’UIMM d’une prime de départ de 1,5 million à son ex-président, Denis Gautier-Sauvagnac, a créé une belle zizanie au sein du Medef.
“Prime à l’omerta”, “il y a quelque chose de pourri au royaume du Medef”. Sommée de s’expliquer par l’opposition de gauche, Laurence Parisot a cherché samedi sur France 2 à dégager toute responsabilité du Medef en tenant un discours de fermeté, allant jusqu’à demander la démission de tous les représentants UIMM des délégations patronales.
L’UIMM a annoncé lundi qu’elle allait “réexaminer les conditions du départ” de Denis Gautier-Sauvagnac, initialement prévu avec une indemnité de 1,5 million d’euros, mais qu’elle entendait “conserver tous ses mandats” dans les différents organismes où elle représente le patronat.
Dans un communiqué, le président de la fédération de la métallurgie, Frédéric Saint-Geours, a aussi annoncé une “modification de la direction générale”.
“Denis Gautier-Sauvagnac quitte ses fonctions de délégué général et Dominique de Calan, celles de délégué général adjoint”, a-t-il précisé à l’issue d’une “réunion exceptionnelle” du bureau, l’instance dirigeante de l’UIMM, “à la suite de la campagne violente dont fait l’objet l’UIMM”.
Il a “proposé au bureau de réexaminer les conditions de départ de Denis Gautier-Sauvagnac”, sans plus de précision.
“Le bureau de l’Union réaffirme, de façon forte et unanime, qu’il entend conserver, dans l’intérêt de l’ensemble des entreprises, tous les mandats auxquels l’UIMM a toujours su apporter son expertise et son expérience dans l’intérêt général”.
“Le président demande donc au Medef qu’il en soit ainsi. L’UIMM continuera ainsi à jouer pleinement son rôle”.
Le bras de fer se poursuit donc entre l’IUMM et le Medef. La présidente du Medef, Laurence Parisot, avait déclaré la guerre samedi à la puissante fédération patronale, après que cette dernière eut reconnu jeudi que son ancien président, Denis Gautier-Sauvagnac, avait négocié une indemnité de départ de 1,5 million d’euros.
Denis Gautier-Sauvagnac avait quitté la présidence en décembre. Il a été mis en examen en janvier dans l’affaire des retraits supects de fonds dans les caisses de la fédération patronale.
L’annonce de la transaction financière avait provoqué vendredi de vives réactions, le PS demandant notamment l’”annulation” de l’accord et le Premier ministre, François Fillon, estimant que la question se poserait en cas de sanction.
Face à un accord qualifié d’”omerta” par l’eurodéputé PS Benoît Hamon, à une CGT “indignée” du possible maintien jusqu’à l’année prochaine parmi les représentants du Medef de M. G
Bautier-Sauvagnac, ou à un Parti communiste dénonçant “quelque chose de pourri dans le royaume du Medef”, Laurence Parisot ne pouvait rester silencieuse plus longtemps. Interrogée pour savoir si M. Gautier-Sauvagnac devait renoncer à son indemnité, Mme Parisot a simplement indiqué : “je pense que ces contrats sont discutables juridiquement”.
Se disant en colère, la présidente du Medef avait demandé aux membres de la fédération de la métallurgie exerçant des mandats nationaux dans des institutions au nom du Medef de les remettre immédiatement à la disposition du mouvement patronal.
La réponse de l’IUMM est cinglante. Il reste que les salariés français aimeraient bien que tout cet argent serve au développement économique de la France plutôt qu’à des opérations “opaques”. La présidente du Medef découvre des pratiques qui semblent pourtant si courantes dans le milieu des grands patrons.
L'Humanité.
Blog P.C.F ARRAS
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