mercredi 5 mars 2008

Mort de Raul Raeyes : la liberation des otages suspendue .

L’élimination samedi par l’armée colombienne du n°2 des FARC, en territoire équatorien, entraine depuis dimanche une montée de tension entre la Colombie et ses voisins. Accusant la Colombie de violer leurs territoirres nationaux, l’Equateur et le Venezuela ont massé des troupes à la frontière. Autre sujet d’inquiétude : la suite des négociations sur la libération des otages dont Ingrid Betancourt.

Raul Reyes a été tué samedi par l’armée colombienne au cours d’un bombardement ciblé, à la frontière avec l’Equateur. Selon plusieurs sources, des avions espions auraient localisé le commandant en interceptant une communication satellite. Une incursion côté équatorien ont alors été ordonné, au cours duquel Reyes et une quinzaine d’hommes ont été tués.

Dimanche, Hugo Chavez, le président vénézuélien, a annoncé l’envoi de près de 10 000 soldats à la frontière colombienne. Il a mis en garde Alvaro Uribe, le président colombien, contre une telle violation sur son territoire national qui pourrait être “une cause de guerre”. Dans le même temps, Rafael Correa, le président équatorien, qui avait envoyé une délégation ministérielle enquêter sur les lieux du bombardement, a annoncé également la mobilisation de ses troupes à la frontière.

A l’heure actuelle, les relations diplomatiques avec Bogota sont rompues. Hugo Chavez a ordonné la fermeture de l’ambassade de son pays en Colombie et rappelé le personnel diplomatique. Pour sa part, Rafael Correa a ordonné l’expulsion de l’ambassadeur colombien à Quito (capitale de l’Équateur).
Le président du Nicaragua, Daniel Ortega, a estimé pour sa part que le gouvernement colombien avait “assassiné” Reyes, craignant que toute solution négociée ne soit compromise.
La Quai d’Orsay à Paris a appelé lundi « à la retenue ». « Cette situation montre à quel point il est urgent de trouver une solution négociée qui passe nécessairement par le règlement de la douloureuse question des otages détenus par les Farc », a déclaré Bernard Kouchner, ministre des Affaires étrangères.
Alvaro Uribe accuse l’Equateur d’avoir passé un « compromis » avec les Farc afin de jouer un rôle de médiateur dans les échanges d’otages. Accusation très grave réfutée par Rafael Correa qui qualifie A.Uribe de « menteur » et a appelé la communauté internationale à condamner cette « violation de la souveraineté de son pays ».

“Raul Reyes”, Luis Edgar Devia de son vrai nom, était l’interlocuteur principal des gouvernements dans les pourparlers pour la libération des otages. Sa disparition survient alors que des négociations en faveur d’un règlement politique et humanitaire semblaient pouvoir se tenir et que des appels sur l’urgence de libérer les otages se multipliaient.
“Evidemment, ce n’est pas une bonne nouvelle que le numéro deux, Raul Reyes, l’homme avec qui nous parlions, l’homme avec qui nous avions des contacts, ait été tué”, a déploré Bernard Kouchner lors d’une interview à France Inter ce lundi. “En tout cas, ça doit nous faire redoubler d’efforts. Nous devons sortir Ingrid Betancourt. Elle doit sortir parce que c’est une urgence médicale et humaine”, a-t-il dit. Malgré de fortes inquiétudes au sein de la communauté internationale, le ministre français ne semble pas douter en tout cas de la volonté du président Uribe pour libérer les 39 otages dont Ingrid Bétancourt : « Nous sommes tendus vers cela, aussi bien à travers le Venezuela de Hugo Chavez, la Colombie de Alvaro Uribe et l’Equateur aussi de Rafael Correa ».

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