Gouvernement . Nicolas Sarkozy mobilise ses lieutenants pour effectuer le service après-vente des mesures dévoilées la veille dans le cadre de son plan de « relance ».
Après l’annonce du plan dit de relance, jeudi, Nicolas Sarkozy a nommé un nouveau ministre, hier, par communiqué de presse. Il est question de Patrick Devedjian, l’actuel président de l’UMP, qui devient ministre chargé auprès du premier ministre de l’Exécution du plan de relance économique. Il s’agit, a précisé le chef de l’État, d’être « assuré que l’argent que nous mettons en plus dans les ministères ne servira pas à financer les dépenses courantes et habituelles, mais vraiment le plan de relance qui a été décidé ».
« un système qui privilégie le fric »
Cette nomination express montre la volonté de l’exécutif d’assurer l’après-vente d’un plan qui ne satisfait ni la gauche ni les syndicats ni bon nombre d’économistes. « Ce soir, la France n’a toujours pas de plan de relance économique, social et financier à la hauteur de la crise dans laquelle elle s’enfonce », a déploré Martine Aubry, la nouvelle première secrétaire du PS, jeudi rue de Solférino. « Les Français ont d’abord un problème : le pouvoir d’achat. Sur ce sujet, aucune annonce. » « Un plan provisoire qui ne permet pas de rompre avec un système qui privilégie le fric, les investissements sur les salaires et les capacités humaines », a de son côté affirmé Paul Boccara, économiste communiste, sur les ondes de RFI.
Après François Fillon, qui a défendu sur TF1 la priorité donnée aux investissements dans la perspective « d’une crise la plus courte possible », pas moins de trois conseillers de Nicolas Sarkozy se sont répandus sur les différents médias, réduits au rôle de porte-voix de la communication élyséenne, pour une séance d’explication. Henri Guaino, sur France 2, a étayé son argumentation sur la dimension de concertation européenne : « Si on avait fait tout seul une relance de la consommation, elle aurait profité à la production étrangère plus qu’à la production nationale, aux emplois étrangers plutôt qu’aux emplois nationaux. » « L’investissement, c’est des emplois, les emplois ce sont des revenus, la principale protection du pouvoir d’achat ce sont des emplois en plus », a renchéri sur Europe 1 François Pérol, secrétaire général adjoint de - l’Élysée.
un séminaire pour éviter les bourdes
Les ministres ont aussi été mis à contribution pour vanter les mérites du plan en termes d’emplois. « Les mesures annoncées devraient générer entre 80 000 et 110 000 emplois », a pronostiqué Chris-tine Lagarde, ministre de l’Économie, sur RTL. Jusqu’à présent, les prévisions faisaient état « de 90 000 destructions d’emplois environ dans le secteur marchand l’année prochaine, et les perspectives se sont encore assombries depuis », a rappelé la ministre dans une interview au Figaro.
Point d’orgue de cette mobilisation : un séminaire gouvernemental était convoqué dès hier par l’Élysée pour éviter les fausses notes. Cette effervescence trahit l’inquiétude d’un chef de l’État conscient que son plan, applaudi par le patronat, risque d’alimenter le mécontentement des Français, dont le pouvoir d’achat a été oublié. Sans doute est-ce la raison pour laquelle aucun leader de la gauche n’a été invité dans les principaux médias…
Clotilde Mathieu
l' Huma du 06 / 12 / 08
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