Le phénomène des apéros géants prend de l’ampleur. L’inquiétude remplace la convivialité à la suite du décès d’un jeune Nantais qui participait à un apéro géant dans cette ville.
L’apéritif géant de Nantes, organisé via le réseau social Internet, _ Facebook, qui a réuni 9 000 personnes, a viré au cauchemar dans la nuit de mercredi à jeudi avec le décès d’un de ces participants. Un jeune homme de vingt et un ans, qui avait 2,4 grammes d’alcool dans le sang, a voulu descendre sur la rampe d’un escalier d’un pont et a basculé dans le vide.
Alors que les interdictions se multiplient, la secrétaire d’État au Numérique, Nathalie Kosciusko-Morizet, s’est prononcée contre une telle perspective et a lancé un appel à la responsabilité des organisateurs de ces événements après ce drame. « On n’est jamais anonyme, y compris sur Internet », a-t-elle rappelé. De leur côté, les députés PS Claude Bartolone et Jean-Christophe Cambadélis ont estimé qu’il ne fallait pas les interdire mais plutôt les réguler : « C’est une manière pour les gens d’essayer de se fédérer, de trouver des moments de solidarité dans une période difficile, donc il faut être attentifs et puis trouver une règle du jeu acceptable par tous. »
Depuis quelques mois, ces rendez-vous, qui s’apparentent aux « rave parties » des années 1990, créent une émulation sur la Toile. Une grande inquiétude demeure sur les conditions de la mise en œuvre des prochains apéros géants organisés par des anonymes. Le député maire de Nantes, Jean-Marc Ayrault, en appelle au ministère de l’Intérieur pour qu’il mette en place une table ronde sur le sujet. « Il faut casser cette spirale », a-t-il déclaré.
De fait, le ministre de l’Intérieur, Brice Hortefeux, présidera la semaine prochaine une réunion de travail sur les apéros géants, en vue de préciser les mesures permettant de faire face à ce type de rassemblements spontanés.
Dans l’immédiat, les apéros géants d’Annecy et Chambéry, prévus ce week-end, ont été interdits par les préfectures qui craignent de nouveaux drames. « Ces apéros posent un réel problème de sécurité publique. Il n’y a pas d’organisateur et les événements peuvent très vite dégénérer. De plus, le coût de la remise en état des lieux est un paramètre à prendre en compte. Comme il n’y a pas d’organisateur, c’est au contribuable de payer », explique Xavier Idier, sous-préfet de la Savoie.
Et la boucle est bouclée. Si la méthode répressive laisse sceptique, le sous-préfet n’hésite pas à employer la bonne vieille méthode qui consiste à monter les uns contre les autres, en menaçant de faire peser le coût de ces apéros sur la collectivité. Le prochain assaut est attendu à Paris le 23 mai. Alors, interdit ou encadré ?
Céline TRÉGON
site de l'Huma
vendredi 14 mai 2010
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